Communiqué de l’École, Mars 2017 – L’éthique de la psychanalyse aujourd’hui

 

L’éthique de la psychanalyse aujourd’hui

Mars 2017

Lacan en 1970, dans son Séminaire L’éthique de la psychanalyse, prédisait que la science prendrait la place du désir permettant « la réalisation des maîtres les plus absolus qu’on ait jamais connu depuis les débuts de l’Histoire »1. Aujourd’hui les lobbys des comportementalistes (méthodes ABA, DENVER et TEACH) ont succédés aux lobbys des laboratoires pharmaceutiques (DSM) se glissant dans la faille entre la psychiatrie neuro biologique et la psychiatrie sociale.

Surveiller et punir

La gangrène atteint non seulement la Santé mentale toute entière mais par là même sa formation universitaire, allant jusqu’à interdire tout traitement psychanalytique pour les autistes en institutions de soins tout en bloquant l’accès à l’enseignement : réduction des départements de psychanalyse à l’Université, élimination des publications psychanalytiques dans les revues scientifiques.

Depuis 40 ans des associations de psychanalystes se sont regroupées pour préserver la spécificité de la psychanalyse que les pouvoirs publics voulaient réglementer avec la psychothérapie puis pour s’opposer à l’ingérence des tutelles voulant réduire les traitements thérapeutiques au seul traitement dit cognitivo comportemental.

L’EPFCL fait partie du Groupe de contact qui réunit les représentants de 12 associations de psychanalystes pour soutenir la représentativité de la psychanalyse auprès des instances qui régissent la Santé mentale et pour participer au débat administratif et législatif .

Pratiquement, le Groupe de contact, après avoir obtenu en 2003 de sortir la psychanalyse du statut des psychothérapeutes (Amendement Acoyer), vient de s’opposer à la proposition du député Fasquelle visant à interdire et même à punir tout traitement par la psychanalyse. Par ailleurs le Groupe de contact est intervenu par la voie d’une pétition auprès du CNU obtenant la suspension, jusque là provisoire, de la menace sur l’accès à l’enseignement.

Notre devoir de psychanalyste est de ne pas céder sur l’éthique de la psychanalyse qui touche au plus profond du réel de la jouissance en ne nous contentant pas d’observer le malaise contemporain mais d’y faire acte.

Françoise Josselin

Présidente de l’EPFCL

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