Séminaire du Champ lacanien – « Ségrégations d’hier et d’aujourd’hui » – Aurélia MICHEL

avec Aurélia MICHEL, invitée

19 novembre 2026 21h15

Paris

RENSEIGNEMENTS ET INSCRIPTIONS

Organisé par le conseil d’orientation (CO) et le conseil de direction (CD) de l’EPFCL-France

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Séminaire du Champ lacanien – « Ségrégations d’hier et d’aujourd’hui » – Aurélia MICHEL

Aurélia MICHEL

maîtresse de conférences en Histoire des Amériques noires, montre dans Un monde en nègre et blanc comment le racisme moderne se construit avec l’essor des classifications scientifiques. Son travail éclaire le rôle de la langue dans la fabrication et l’essentialisation des catégories raciales et des ségrégations.

Soirée animée par Frédéric Pellion

à 21h15 au 118, rue d’Assas – 75006 Paris
ou par visioconférence.


Thème de l’année : « Ségrégations d’hier et d’aujourd’hui »

Comment, en habitant le même espace, éviter les rencontres rendues importunes par la discrimination ? C’est le problème auquel la ségrégation répond : elle cloisonne l’espace et fabrique des camps où parquer les indésirables. Ce sont alors les divers apartheid, ces ségrégations légalisées au cours de l’histoire en Amérique et en Afrique du Sud, et, bien sûr, toutes ces hordes de migrants interdits d’entrée. Problème de territoire donc, la ségrégation — entrée, expulsion, confinement — , auquel la loi et les États se commettent.

N’oublions pas pourtant, plus spontanés et partout présents, les beaux quartiers — parfois armés — des possédants, qui se confinent comme tout naturellement, ni non plus, plus domestique, la « chambre à soi » dans l’espace familial comme ségrégation revendiquée de l’intimité, une clé à l’appui. Signes patents que la grande histoire engage les participations subjectives privées, si l’on en doutait. Un ségrégationniste pourrait bien sommeiller en chacun.

Dans tous les cas pourtant, la ségrégation est seconde : elle répond aux discriminations, qu’elle fait passer à l’acte. Tous les dictionnaires vous le diront : discriminer est un péché contre l’égalité de droit des individus, qui voudrait qu’on les traite tous de façon égale. Du moins depuis que l’idéologie des droits de l’homme imprègne les jugements au point que, justement, aujourd’hui, les discriminations ont mauvaise presse et sont même légalement condamnées.

– Il faudra donc bien s’interroger sur ce qui, auparavant, et ailleurs aussi, a pu garantir contre la montée de la ségrégation, et qui manque désormais pour que son avenir paraisse si assuré.

– Et relever également la grande question médiatique actuelle : que peut le droit, celui qui vient des droits de l’homme du XVIIIe siècle occidental, face aux réalités bien contraires d’un monde organisé selon la logique capitaliste ?

– Et si l’on s’intéresse au réel qui « revient toujours à la même place », ne faut-il pas constater combien, dans notre petit univers globalisé, les différences de tous ordres — âge, sexe, couleur, origine, pouvoir — sont suffisamment urticantes pour que partout on essaye de s’en retrancher ? Là où l’amour dit toujours, la ségrégation dit jamais, et en substance : « chacun dans son coin ». Et ce n’est ni le tourisme mondial qui démentira cela, ni, pour l’Europe, son défunt « orientalisme », ni non plus Freud, refusant notoirement de considérer son prochain comme… aimable. Alors, encore la question de la haine ?

Colette SOLER

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