L’ATELIER de clinique analytique : Le diagnostic, à quoi ça « serre »?
La notion de diagnostic n’est pas propre à la psychanalyse, elle vient du discours médical. Le diagnostic psychiatrique est celui dont la psychanalyse, « dernière fleur de la médecine » (1), a hérité. Cette « clinique d’avant le discours analytique » (2) différenciant névrose, psychose et perversion tend aujourd’hui à disparaître au profit d’une pratique évaluative des troubles amorcée à l’apparition du DSM (Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders ) en 1952 . Le diagnostic se veut scientifique, fondé sur des critères standardisés; il est objectivable, dégagé de la relation transférentielle. Jadis redouté, il est aujourd’hui demandé, voir exigé par le sujet contemporain. Quel est cet engouement actuel pour le diagnostic, voire l’autodiagnostic : quête d’un signifiant identitaire, mode d’inscription dans le lien social ou changement de position à l’égard du savoir? Quelle fonction psychique peut avoir pour un sujet cet épinglage nosographique? Alors que le discours de la science vient boucher la division subjective, comment un sujet peut-il y adhérer et ne rien vouloir savoir de l’inconscient qui l’anime. Comment aussi, pour un autre, être assigné à son trouble peut orienter l’existence sur un mode d’identification, et permettre alors de faire lien social voir nomination : « serrer » quelque chose de la jouissance? Ce sont autant de manières singulières d’y faire avec le diagnostic, que de pistes de travail .
Du côté du clinicien. Qu’en est-il du diagnostic…