Pôle 14 - Paris, Ile de France, Champagne, Nord

2èmes Journées sur l(es) autisme(s)

« Le parlêtre adore son corps, parce qu’ il croit qu’il l’a. En réalité, il ne l’a pas,

mais son corps est sa seule consistance, consistance mentale, bien entendu,

 car son corps fout le camp à tout instant. »

 
 

Il y eut d’abord les journées du Havre. Les journées d’Ivry proposent un deuxième temps d’élaboration où il s’agira d’explorer davantage,  en se centrant sur le corps, ce monde si singulier de l’autisme, traversé de silence et abîme de solitude…

L’autiste fait parler bien plus qu’ il ne parle: tel le héros de Melville Bartelby, il est celui qui préfère ne pas…ne pas parler, ne pas répondre et quand il parle il demeure dans une suspension énonciative ni oui, ni non…peut-être. Il a pris dans notre société une place tout à fait symptomatique et il est devenu un lieu de querelles variées . Est-ce parce qu’ il met à nu la structure du langage et incarne ce qui du réel féroce s’impose ?  car « La structure, c’est le réel qui se fait jour dans le langage ».

Dans les suites de l’enseignement de Lacan , certains de ses élèves vont proposer une approche de l’autisme comme étant une des formes les plus sévères de la psychose. Il est vrai qu’il existe des faisceaux symptomatiques communs, mais n’essayons pas de trancher trop vite et écoutons avec prudence la clinique . Le sérieux nous obligent à s’extraire de l’apparente similitude des symptômes pour revenir à la manière dont s’agencent les trois registres Réel, Symbolique et Imaginaire.

Et le corps , le corps dans tout ça ? Ce corps fait de substance jouissante, pétri de la matière signifiante à partir du moment où lalangue mord sur le vivant… lalangue première qui permettra au sujet d’affirmer une parole dans une langue donnée, civilisant ainsi la jouissance.

Alors qu’en est-il du corps chez l’autiste, ce corps il l’a, il l’est, il l’erre?

En effet, l’autiste nous enseigne sur la manière dont un corps se laisse coloniser par la dimension langagière et illustre ce propos de Lacan «ce qui crée la structure est la manière dont le langage émerge au départ chez un être humain  », ce « au départ » est essentiel et non négligeable.

C’est ce que nous tenterons de déplier en nous appuyant sur le dire de parents, de cliniciens et de psychanalystes enseignés par la rencontre précieuse et mordante avec ces sujets en s’attachant au rapport que le sujet autiste a/est avec son propre corps.

Entrée gratuite sur inscription (jauge limitée), renseignements :  isa.rapaccioli@gmail.com  06 71 87 49 37 

Documents