Mensuel 136 - Novembre 2019

Billet de la rédaction

Retour aux cartels

Le Mensuel du mois de novembre est varié, dédié à la fois aux textes clôturant le séminaire du Champ lacanien 2018-2019 « Les ségrégations », mais aussi à deux écrivains qui ont accepté de s’exprimer sur « Exils et écriture », sans oublier le billet d’humeur.

Le Mensuel de novembre vous propose également des travaux des deux après-midi de cartels qui ont eu lieu à Toulouse et à Paris au mois de mai dernier, « École des cartels, un nouage », comme préambule de la journée d’École des cartels du 14 juillet. Cette journée organisée lors de la Convention européenne signe un retour au cartel en tant qu’« organe de base de l’École ».

L’histoire des cartels est déjà longue, de 1964 à 2019. Depuis plus de cinquante ans, il est devenu un outil spécifique pour tous ceux qui se trouvent traversés par la psychanalyse. L’objectif de Lacan au moment de créer son École était d’encourager au un par un le travail attendu d’une école de psychanalyse, pour contrer les effets imaginaires que l’identification collective génère. Pouvons-nous dire que le cartel a une double dimension, un enjeu de formation pour chaque membre et un enjeu collectif de formation à l’intérieur de l’École ?

Comment soutenir, dans une formation collective, l’incidence de l’inconscient et l’incidence du discours analytique ? L’École a la responsabilité de soutenir le désir de savoir qui est au travail dans un cartel, de recueillir et discuter des élaborations construites. Le produit de chaque cartellisant est unique, et se soutient des transferts de travail à l’intérieur de l’École. Le travail en cartel s’appuie sur le texte, l’interroge, et produit une élaboration de savoir. Chaque sujet est l’agent de l’interrogation du savoir – parfois des crises surviennent à l’intérieur d’un cartel, jusqu’à entraîner la dissolution. Pouvons-nous dire que la force de ce dernier en tant qu’« organe de base de l’École » n’est pas seulement d’interroger le savoir dans les textes, mais aussi le désir de l’analyste ?

C’est le savoir de la doctrine qui est le support initial de l’ensemble, mais abordé à partir des questions de chaque participant. Le cartel propose une modalité de travail qui donne une place au sujet dans l’émergence d’un savoir. Ce travail se soutient de la part prise par le sujet, c’est-à-dire de sa position à l’endroit de son désir. Le cartel rend possible l’émergence d’un savoir de doctrine, mais orienté et influé par l’expérience liée à la cure analytique ou au trajet analytique de chacun. Il produit donc un savoir que l’on peut articuler comme un savoir sur la psychanalyse, il questionne et mobilise le désir de chaque participant et son engagement avec l’École. L’expérience faite dans plusieurs cartels montre l’opérativité de ce dispositif pour aborder les résistances à l’engagement dans l’École, et la difficulté de la transmission d’un savoir inconscient hors analyse. Pouvons-nous dire que l’on entre à l’École un par un, mais qu’au travers du dispositif du cartel on y entre à plusieurs ? Ce serait donc le cartel qui ouvre vers l’École.

Essayons d’interroger le lien entre le cartel et l’École. C’est à l’intérieur de celui-ci que l’on se questionne sur la transmission de la théorie et de la pratique analytiques, ainsi que sur le type de liens qu’il crée pour une école de psychanalyse. Un lien singulier, qui est fondé par le désir d’interroger continuellement la psychanalyse, sa pratique et ses effets cliniques, ainsi que sa place dans les institutions.

Le dispositif de cartel a un grand succès à l’École. Comment tirer un enseignement de ce qui s’élabore dans les nombreux cartels répertoriés dans le catalogue (aux niveaux national et international) ?

Donner toute sa place à l’élaboration sous la forme de cartels, c’est maintenir leur statut au centre du travail dans l’École.

Lina Velez

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Sommaire

Billet de la rédaction

Séminaire Champ lacanien à Paris
« Les ségrégations »

Exils et écriture

Travaux des cartels

Billet d’humeur

 

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