Mensuel 004 - Février 2005

Introduction

Par Irène Foyentin

Voici la quatrième livraison de notre nouveau Mensuel. Pour notre part, nous espérons que la parution, dans le Champ lacanien depuis octobre dernier, de la nouvelle formule du Mensuel vient répondre aux aspirations de notre communauté : ainsi les forums sont multiples, les réflexions foisonnent, et les textes que nous publions se font l’écho de cette multiplicité. Si l’Un collectivise plus aisément les membres d’un groupe, faisons le pari, certes plus difficile, qu’une politique textuelle plus bigarrée et plus diversifiée répond à notre désir. Celui de témoigner de la variété de nos expériences et de la singularité de celles-ci. Notre défi est que le Mensuel soit bien l’écho du travail des Forums et que les textes publiés puissent faire écho pour l’élaboration de chacun.
Avec « La lettre dans l’inconscient », Luis Izcovich examine en détail le sort que Lacan fait à l’inconscient hérité de Freud. Dans ce parcours, du sens au réel, du déchiffrage à ce qui fait littoral, il nous offre l’occasion de saisir avec acuité l’importance capitale de cette si difficile question de la lettre. En filigrane, s’aperçoit le désir de Lacan de serrer au plus près ce qui ne cesse pas de ne pas s’écrire.
Deux textes suivent qui concernent également l’analyste aux prises avec le progrès de la théorie et de la pratique analytique. L’analyste en question, c’est Ferenczi, dont on s’accorde parfois à penser que, dans son désir de renouveler la technique analytique, il fut un précurseur de Lacan. Frédéric Pellion, avec « L’anxiété de Ferenczi », nous dessine un sujet en débat avec sa pensée et qui tente de produire l’acte, dans sa pratique, qui viendra en répondre. Colette Soler pour sa part, dans son article initialement paru en 1985 dans Ornicar ?, l’assigne comme « acte manqué », avec l’équivoque que l’on doit désormais attribuer à cette expression. En effet, après tout, il est bien à mettre au crédit de Ferenczi d’avoir proposé des défis auxquels Lacan s’est employé à répondre.
Autre défi, autre difficulté à penser : Claire Parada nous invite à revenir sur le parcours freudien de la psychose. Il s’agit là encore de s’affronter aux limites de la méthode analytique, pour en dégager des « pistes sérieuses » et un mode d’intervention de l’analyste. Enfin et pour conclure, ce numéro plutôt centré sur l’analyste et sa pratique... de la difficulté, un très « captivant » article de David Bernard sur le miroir dans lequel on pourra apercevoir... le Diable, lui-même !

Sommaire

Luis Izcovich : La lettre dans l’inconscient
Frédéric Pellion : L’anxiété de Ferenczi
Colette Soler : L’acte manqué de Ferenczi
Claire Parada : L’analyste et la psychose ?
David Bernard : Des grimaces dans le miroir