Séminaire du Champ lacanien

Affiche

Croyance, certitude, conviction

Les croyances, qui organisent un rapport partagé au monde, sont aussi anciennes que l’humanité. Croire est ainsi un des propres de l’homme, comme Freud le développe, à partir du fait religieux, dans un essai de 1927, L’avenir d’une illusion.

Dans la clinique psychanalytique, la croyance de départ en le savoir de l’Autre est le premier moteur du transfert ; elle est donc au cœur de l’expérience.

Autre chose est la certitude, où se fonde, depuis Descartes, ce que nous appelons le sujet, mais qui, dans notre champ, désigne aussi l’effet spécifique de l’Unglauben paranoïaque. Deux acceptions qu’il y aura à démêler.

Et la conviction, quel statut lui donner ? En tant qu’index d’une certaine séparation avec l’Autre, il semble bien qu’elle participe de la certitude. Mais également de la croyance, ne serait-ce que parce qu’elle ne désespère pas tout à fait de faire rapport.

Il s’agira donc aussi, cette année, de discuter des points de contact entre la psychanalyse et la science.

17 novembre 2016

Stéphanie Gilet-Le Bon : La croyance dans le parcours de l’expérience analytique

Radu Turcanu : Certitude et “domaine de la foi”

« [...] la croyance, c’est toujours du semblant en acte [...]. Le psychanalyste ne veut pas croire à l’inconscient pour se recruter. Où irait-il, s’il s’apercevait qu’il y croit à se recruter de semblants d’y croire ? L’inconscient, lui, ne fait pas semblant [...]. » (Jacques Lacan, « Discours à l'EFP ».)

Y croire. Mais le croire ?

Alors qu’il n’y croit pas, à l’inconscient, le sujet psychotique croit ce que lui disent ses voix, dans le réel. Pas d’inconscient pour lui, ou plutôt un inconscient à ciel ouvert. Et une certitude sans la foi dans le langage et la parole.

La certitude qui inclut dans un premier temps la croyance en l’inconscient-langage n’est pas la même que celle du sujet psychotique. C’est celle qui permet par exemple le passage de l’analysant à l’analyste ; le passage de l’inconscient auquel on croit, et qu’on nit par croire de moins en moins, à l’inconscient d’une certitude anticipée. Comment formuler cette certitude, qui donc n’est pas envisageable sans « le domaine de la foi » dans la parole, et qui désigne l’inconscient comme réel et la croyance comme du semblant ?

Animé par Françoise Josselin

8 décembre 2016

Irène Tu Ton : Croyance, certitude, conviction : quel savoir ?

Quel rapport chacun de ces termes entretient-il avec le savoir et notamment celui qui s’élabore dans une cure ?

Jean-Jacques Gorog : Le doute comme certitude

Ou comment définir une certitude psychotique et la distinguer d’une conviction névrotique.

Animé par Radu Turcanu

26 janvier 2017

Claire Montgobert : « L'athée, le psychanalyste et le politique »

En quoi ces trois termes, croyance, certitude et  conviction peuvent ils nous aider à interroger la position du psychanalyste dans  sa pratique et celle de la psychanalyse dans la cité ?

Marc Strauss : « Tromperie, ambiguïté et erreur »

Croyance, certitude et conviction s’ordonnent autour d’un point commun : la parole. Dans la stratégie du discours que toute parole soutient, plutôt donc que les séparer, essayons de voir où elles se recouvrent deux à deux, isolant la troisième dans sa singularité. Comme une stratégie implique nécessairement tromperie, ambiguïté et erreur (Lacan, Écrits, p. 352), nous devrons aussi essayer de préciser comment ces dernières s’articulent aux premières.
C’est bien sûr l’apologue des trois prisonniers qui nous guidera.