Séminaire du Champ lacanien

Affiche

La voie éthique de la psychanalyse

« De notre position de sujet, nous sommes toujours responsables 1 »

Quand Freud découvrait l’inconscient il plaçait la psychanalyse hors du champ de la morale traditionnelle. Si la psychanalyse n’a pas à se prononcer sur la responsabilité des êtres humains, l’hypothèse de l’inconscient ne les en débarrasse pas pour autant. Freud signalait déjà dans La science des rêves la réticence des hommes à accepter la responsabilité de leurs « rêves immoraux ».

À la question toujours contemporaine : « Qu’est-ce qui exempterait l’être humain de ses responsabilités ? » vient le célèbre « Là où c’était je dois advenir ». Cet aphorisme freudien est une nouvelle morale, là où l’homme rétorque avec les signifiants de son époque : Dieu, le capitalisme, la crise, le racisme...

Le psychanalyste vit dans son temps et Lacan répond à l’advenir freudien avec la rectification subjective, la position du sujet face au réel et à la vérité. Il interroge la responsabilité du sujet face à ce nouveau savoir, le savoir inconscient et la conduite qu’un analysant saura s’en faire 2. Cette interrogation permanente constitue même le pivot de la voie éthique de la psychanalyse. L’éthique du bien dire où ce nouveau désir que Lacan a mis en exergue, le désir du psychanalyste, devient le fondement de sa responsabilité.

Nouveau savoir et désir inédit ; dans leur dialectique se trace la voie éthique d’une position subjective dont Lacan souligne la responsabilité que lui-même a assumée dans son retour à Freud.

Toute une année pour... tracer cette voie.

Anastasia Tzavidopoulou

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16 novembre 2017

Nadine Cordova Naïtali : « La psychanalyse et la vie »

« L’expérience peut m’apprendre que ce que j’ai renié en moi non seulement “est” en moi, mais également “agit” à l’occasion à travers moi » (S. Freud, « La responsabilité morale pour le contenu des rêves »).

Une analyse peut produire un analyste, elle a toujours des conséquences sur la vie du sujet. Au terme d’une analyse, qu’en est-il de la responsabilité du sujet, de sa position face au monde, de sa conduite ?

Bernard Nominé: « Se satisfaire du bien dire »

Quand on en appelle à une éthique, on n’est jamais très loin de la morale. Or, si le psychanalyste se réfère à une morale, que ce soit la sienne ou celle de son époque, il y a peu de chances pour qu’il entende ce que l’analysant a à lui dire.

Lacan, parlant d’éthique, inverse le précepte habituel du « bien faire et laisser dire », il s’agirait plutôt d’en arriver à ce « que le bien-dire satis-fasse ».

Animé par Anita Izcovich

7 décembre 2017

Jean-Charles Pascal nous parle de la responsabilité du sujet en matière médico-légale.

Françoise Josselin et Irène Tu Ton animent cette soirée et donnent la réplique.

Jean-Charles Pascal est psychiatre des Hôpitaux, ancien chef de service, ancien président de la Fédération française de psychiatrie, expert honoraire près la cour d’appel de Versailles, président d’honneur de la Société de l’Information psychiatrique.

11 janvier 2018

Sol Aparicio : « Au sujet de la responsabilité »

En m’appuyant sur quelques remarques de Lacan au sujet de la responsabilité, je voudrais essayer de préciser ce que veut dire cette notion dans le discours psychanalytique.

Autrement dit, tâcher de montrer comment la prise en compte de l’inconscient modifie ce qu’il en est de la responsabilité, ce qui peut permettre au psychanalyste de distinguer l’éthique de la morale. Et faire apparaître que c’est là le propre du champ lacanien.

Bernard Toboul : « L’homme pulsionnel »

Être aimanté par « un réel du désir » dirige notre boussole analytique vers une éthique freudienne, celle, non pas d’un « homme neuronal », mais de l’homme pulsionnel.

Animé par Nadine Cordova Naïtali.

1er février 2018

Martine Menès : « Le privé est politique »

La psychanalyse qui ne prescrit aucun modèle de la morale ordinaire conduit celui qui se prête à l’acte de parole à passer de l’affect coupable qui fait consister l’Autre à la responsabilité de la dimension de jouissance nouée à son existence. Cependant ce trajet éthique est-il possible hors analyse, dans la vie ordinaire, avec ses moments de lumière et ses drames ?

Anne Meunier : « éthique du bien et nouvelle éthique »

La psychanalyse se place hors du champ de la morale sexuelle « civilisée » et elle a rompu avec l’imaginaire du Souverain Bien : il n’y a pas d’Autre de l’Autre qui opérerait un Jugement dernier. Sans garantie mais pas sans éthique, comment errer, dans le champ social et culturel, d’une façon qui maintienne vivants les effets de l’expérience de l’inconscient, « notre seul lot de savoir » ?

Animé par Bernard Toboul.

8 mars 2018

Anne Castelbou : « à propos de la responsabilité de l’analyste dans la rencontre avec l’enfant » (Lacan, « Ou pire », dans Autres écrits, p. 551)

Malgré les promesses annoncées par certains discours, malgré tous les conseils éducatifs donnés via Internet ou autre support médiatique, pas de gps pour s’orienter dans le chemin qui va de l’enfance à la maturité, pas de possibilité de prédire et de prévenir les accidents de la vie, qui motivent la rencontre de l’enfant avec l’analyste. L’éthique du bien dire est la seule boussole, propre au discours analytique, pour tenir le cap et responsabiliser le sujet dans ce qui l’affecte et ce dont il jouit, pour qu’il puisse se faire un destin à partir des marques indélébiles de l’enfance. Ce n’est que dans l’après-coup de cette rencontre avec l’analyste qu’on peut déduire les effets produits dans la vie de ceux qui en témoignent avec ce qui reste de ce qui s’en est oublié.

Claire Parada : « Responsable oui mais jusqu’où ? »

« De notre position de sujet nous sommes toujours responsable », nous dit Lacan dans « La science et la vérité », certes, mais qu’est-ce que cela suppose au juste selon les différents moments de l’enseignement de Lacan ? Qu’est-ce que ce sujet qui serait responsable ? De sa position par rapport à quoi ? L’inconscient langage d’abord puis l’inconscient réel ensuite. Qu’est-ce que cela change-t-il ? Quelles conséquences sur la conduite du sujet, sur sa position éthique ? Autant de questions auxquelles nous tenterons de répondre.

Animé par Martine Menès.

5 avril 2018

Invité : Jean-Pierre Deschamps : « Partage d’expérience »

Jean-Pierre Deschamps, juge des enfants, président du tribunal pour enfants de Marseille, puis président de la cour d’assises des Bouches-du-Rhône, évoquera sa place de praticien tout au long de ses quarante années de carrière, de l’examen de la responsabilité des autres à la sienne.

Discutantes : Annie-Claude Sortant-Delanoé et Anne Lopez

17 mai 2018

Jean-Jacques Gorog : « De quoi l’analyste doit-il répondre ? »

Qu’est-ce que l’éthique du psychanalyste ? Et y en a-t-il une ? Lacan pour sa part n’évoque que l’éthique de la psychanalyse et précisera son idée avec le bien-dire, mais dans ce cas c’est du bien-dire de l’analysant qu’il s’agit. L’une des réponses de Lacan que je retiens semble ne pas en être une : avec son style. Comment comprendre cette formule ? Et quel est ce savoir ou cette connaissance avec lequel il peut et donc doit répondre ?

Carlos Guevara Mina : « à quoi le psychanalyste doit-il consentir ? »

L’éthique de la psychanalyse n’est pas sans le psychanalyste. Lacan s’efforce d’identifier les principes qui guident son acte et d’autre part, dit-il, l’analyste doit payer quelque chose pour tenir sa fonction, il faut qu’il paie d’un jugement concernant son action.

Nous tenterons d’interroger ce à quoi l’analyste doit consentir pour accomplir son acte et quels sont les buts de son action. Nous tenterons d’identifier quelle est la voie étroite de son intervention.

Animé par Annie-Claude Sortant-Delanoë

14 juin 2018

Maricela Sulbarán : « De quoi faudrait-il que l’analyste soit dupe pour soutenir son acte dans le discours analytique qui le tient ? »

Lacan suggère une éthique qui se fonderait sur le refus d’être non dupe, et propose plutôt d’être plus fortement dupe du savoir de l’inconscient, qui est en fin de compte notre seul lot de savoir. Ce savoir est constitué du dire et de l’effet du réel sur la jouissance. Freud était dupe du réel – nous dit Lacan.

Jean-Michel Arzur : « éthique, discours et transmission »

L’éthique propre au discours analytique offre la possibilité au sujet qui s’engage dans l’expérience de cerner sa propre modalité de réponse au réel. Elle s’élabore dans le transfert, au fil du temps. Intime, elle ne fait pas lien et ne sort de ce lieu qu’en un seul cas, celui du témoignage dans le dispositif de la passe. Si cela passe un peu plus au public, c’est un public averti, celui d’une école de psychanalyse.

La question est de savoir si ce singulier savoir peut se conjuguer avec cet enjeu politique qui est le maintien de la psychanalyse face aux autres discours. Si Freud l’a mise à l’abri dans l’institution, Lacan évoque, dans « La troisième », la nécessité pour la psychanalyse de rester un symptôme face aux autres discours. Mais peut-on y entendre autre chose que cette seule place d’ex-sistence ? Est-ce un symptôme qui peut être interpellé, questionné, sommé de répondre afin que subsiste la découverte freudienne du savoir inconscient ? En d’autres mots, y a-t-il une extension possible du champ de l’éthique de la psychanalyse sans pour autant la rabattre sur le discours du maître ?

Animé par Jean-Jacques Gorog

  • 1. J. Lacan, « La science et la vérité », dans Écrits, Paris, Seuil, 1966, p. 858.
  • 2. J. Lacan, « L’étourdit », dans Autres écrits, Paris, Seuil, 2001, p. 481.