Florilège d'entretiens : Du devoir d'interpréter

En préambule de nos prochaines journées nationales de l'EPFCL qui se tiendront à Toulouse les 25 et 26 novembre 2017 et qui portent sur « Le devoir d’interpréter » du psychanalyste, la commission d'organisation des journées a pensé que nous aurions aussi à apprendre de ceux pour qui, hors du discours analytique, la question de l'interprétation et du devoir d'interpréter, dans leur expérience et leur pratique, se pose. Nous avons ainsi pensé interroger des personnes qui appartiennent au domaine du théâtre, de la musique, de la traduction littéraire, pour qu'il nous disent en quoi cette question les concerne et les intéresse.

Certains de ces entretiens vont être prochainement publiés dans le Mensuel de l'EPFCL, à commencer par celui accordé à Dominique Marin par l'écrivain et traducteur Jean-Yves Masson, qui est professeur de littérature comparée à la Sorbonne. D'autres seront accessibles sous une forme filmée, diffusée sur notre réseau à partir d'une chaîne YouTube EPFCL-France.

Le premier que vous pouvez découvrir est l'entretien qu'a accordé à Anne Castelbou-Branaa le metteur en scène Sébastien Bournac, directeur du Théâtre SORANO à Toulouse.

Que chacun de ceux qui œuvrent à la réalisation de ces entretiens soit ici remerciés.

Nicole Bousseyroux, responsable de l'organisation des journées.


Entretien avec Sébastien BOURNAC, Directeur du théâtre Daniel SORANO à Toulouse

Vidéo réalisée par Marie-line Biason.
Sincères remerciements aux musiciens Christophe Seux, Sophie Benoit et Élian Besson.
 

Sébastien BOURNAC est metteur en scène et directeur de la compagnie TABULA RASA fondée en 2003. Il a pris depuis un an la direction du Théâtre SORANO de Toulouse, jusqu’en 2019. Normalien et agrégé, initié au théâtre, dans sa région, par les Baladins en Agenais, s’étant frotté à l’université à Pirandello et Genet, puis passé par la Colline et les Amandiers où il a été assistant à la mise en scène de Jean-Pierre Vincent, il a monté de nombreuses pièces de Marivaux à Jean-Marie Piemme et revendique une collaboration avec des auteurs contemporains à qui il passe commande d’œuvres.

« Faire du théâtre, dit-il, est un acte de résistance, un art qui suspend le temps et les flux de la vie quotidienne, dans une salle, ensemble... »

Le théâtre, est « le lieu de la parole, mais une parole débarrassée de toutes ces fausses théâtralités qui ne disent rien, qui sont des mensonges et travestissent le réel. » (Interview donnée à Greg Lamaziéres pour CULTURE 31)

Dans l’entretien filmé que nous avons réalisé sur le thème de nos journées EPFCL 2017 « Le devoir d’interpréter », Sébastien Bournac livre avec beaucoup de liberté son point de vue de metteur en scène sur sa conception de l’interprétation au théâtre. Elle ne peut se faire sans le travail de l’acteur faisant passer l’écrit du texte à un exercice des corps qui lui donne sa touche finale sensible, ni sans l’impact de son acte théâtral sur le spectateur dans lequel il se reconnaitra plus ou moins et toujours de manière imprévisible.

« Je travaille avec les acteurs pour qu'ils deviennent créateurs et interprètes de l'œuvre… pleinement ! J'ai besoin de leur subjectivité, j'aime qu'ils me renvoient quelque chose que j'ai provoqué... J'impulse un point de vue, une lecture, une pensée, mais après je ne sais pas comment elle va résonner dans le corps des acteurs, dans la tête des spectateurs et c'est ce jeu d'interprétations complètement ouvert qui fait la chose théâtrale. C'est l'intérêt du vertige théâtral ! Chaque soir on peut être surpris et être amené à formuler diverses interprétations… » 

Cie Tabula Rasa