Florilège d'entretiens : Du devoir d'interpréter

En préambule de nos prochaines journées nationales de l'EPFCL qui se tiendront à Toulouse les 25 et 26 novembre 2017 et qui portent sur « Le devoir d’interpréter » du psychanalyste, la commission d'organisation des journées a pensé que nous aurions aussi à apprendre de ceux pour qui, hors du discours analytique, la question de l'interprétation et du devoir d'interpréter, dans leur expérience et leur pratique, se pose. Nous avons ainsi pensé interroger des personnes qui appartiennent au domaine du théâtre, de la musique, de la traduction littéraire, pour qu'il nous disent en quoi cette question les concerne et les intéresse.

Certains de ces entretiens sont publiés dans le Mensuel de l'EPFCL, à commencer par celui accordé à Dominique Marin par l'écrivain et traducteur Jean-Yves Masson, qui est professeur de littérature comparée à la Sorbonne. D'autres seront accessibles sous une forme filmée, diffusée sur notre réseau à partir d'une chaîne YouTube EPFCL-France.

Que chacun de ceux qui œuvrent à la réalisation de ces entretiens soit ici remerciés.

Nicole Bousseyroux, responsable de l'organisation des journées.

Sommaire :

  • Entretien avec Jean-Yves Masson, homme de lettres (retranscription)
  • Entretien avec Quentin Sirjacq, musicien (retranscription)
  • Entretien avec Sébastien BOURNAC, Directeur du théâtre Daniel SORANO à Toulouse (vidéo)
  • Entretien avec Johannes KLETT, metteur en scène, créateur du spectacle « LENZ. Jour et nuit sur la cathédrale de Strasbourg » (vidéo)

Entretien avec Jean-Yves Masson, homme de lettres

A LIRE DANS LE MENSUEL 117 DE L’EPFCL-FRANCE D’OCTOBRE 2017

Jean-Yves Masson avec Dominique Marin, L’étranger en notre langue
(pour accéder au texte : cliquer sur le lien ci-dessus, ou clic droit, puis « ouvrir le lien »)

En prélude aux prochaines journées nationales sur Le devoir d’interpréter, Jean-Yves Masson nous a accordé un entretien sur la part de l’interprétation dans la traduction. Nous le remercions pour le temps qu’il nous a accordé et le souci de précision de son propos.

Jean-Yves Masson est écrivain, poète, traducteur, directeur de collections chez Verdier et aux Belles Lettres, critique littéraire, professeur de littérature comparée à l’université Paris- Sorbonne. Il a lancé en 2015 avec des amis les Éditions de la Coopérative, une maison vouée à la littérature.


Entretien avec Quentin Sirjacq, musicien

A LIRE DANS LE MENSUEL 117 DE L’EPFCL-FRANCE D’OCTOBRE 2017

Quentin Sirjacq avec Anne Castelbou-Branaa, La composition musicale, une interprétation de l’indicible
(pour accéder au texte : cliquer sur le lien ci-dessus, ou clic droit, puis 
« ouvrir le lien »)

« Qui sait, peut-être la musique est ce récit secret qui relie et donne de l’harmonie aux choses ? » Le récit secret de la musique composée par le pianiste Quentin Sirjacq est celui de ses émotions enfouies, restées dans l’indicible qu’il fait émerger et traduit en langage musical, faute de pouvoir les mettre en mots. Être le musicien de cet indicible, voilà son pari de compositeur-interprète. Dans l’entretien qu’il nous a accordé sur le thème de nos journées « Le devoir d’interpréter », il a témoigné avec beaucoup de spontanéité combien, quand il compose, il se laisse surprendre par les manifestations de son inconscient – ce qu’il revendique comme étant à la source même de l’inspira- tion de son écriture musicale. Il souhaite faire résonner jusque dans son interprétation au piano la musicalité des affects qui émergent pour lui, pour mieux la transmettre à ceux qui l’écoutent. 

Né à Paris en 1978, Quentin Sirjacq commence très jeune l’apprentissage du piano. Amoureux de Ravel et Satie autant que de Duke Ellington, Charlie Mingus et John Coltrane, il part se former à la composition et à l’improvisation au Conservatoire royal de La Haye, puis au prestigieux Mills College, en Californie. Depuis, il développe une démarche à la fois d’inter- prète, d’improvisateur et de compositeur notamment pour la scène de théatre et le cinéma » (source : France Culture). Il s’est produit dans des concerts en France mais aussi au Japon. Il a sorti plusieurs albums dont La Chambre claire en 2009, puis Wintersong en 2016. En novembre 2017 sortira chez Actes Sud éditions le coffret « Anima laïque ». 


Entretien avec Sébastien BOURNAC, Directeur du théâtre Daniel SORANO à Toulouse

Vidéo réalisée par Marie-line Biason.
Sincères remerciements aux musiciens Christophe Seux, Sophie Benoit et Élian Besson.

Sébastien BOURNAC est metteur en scène et directeur de la compagnie TABULA RASA fondée en 2003. Il a pris depuis un an la direction du Théâtre SORANO de Toulouse, jusqu’en 2019. Normalien et agrégé, initié au théâtre, dans sa région, par les Baladins en Agenais, s’étant frotté à l’université à Pirandello et Genet, puis passé par la Colline et les Amandiers où il a été assistant à la mise en scène de Jean-Pierre Vincent, il a monté de nombreuses pièces de Marivaux à Jean-Marie Piemme et revendique une collaboration avec des auteurs contemporains à qui il passe commande d’œuvres.

« Faire du théâtre, dit-il, est un acte de résistance, un art qui suspend le temps et les flux de la vie quotidienne, dans une salle, ensemble... »

Le théâtre, est « le lieu de la parole, mais une parole débarrassée de toutes ces fausses théâtralités qui ne disent rien, qui sont des mensonges et travestissent le réel. » (Interview donnée à Greg Lamaziéres pour CULTURE 31)

Dans l’entretien filmé que nous avons réalisé sur le thème de nos journées EPFCL 2017 « Le devoir d’interpréter », Sébastien Bournac livre avec beaucoup de liberté son point de vue de metteur en scène sur sa conception de l’interprétation au théâtre. Elle ne peut se faire sans le travail de l’acteur faisant passer l’écrit du texte à un exercice des corps qui lui donne sa touche finale sensible, ni sans l’impact de son acte théâtral sur le spectateur dans lequel il se reconnaitra plus ou moins et toujours de manière imprévisible.

« Je travaille avec les acteurs pour qu'ils deviennent créateurs et interprètes de l'œuvre… pleinement ! J'ai besoin de leur subjectivité, j'aime qu'ils me renvoient quelque chose que j'ai provoqué... J'impulse un point de vue, une lecture, une pensée, mais après je ne sais pas comment elle va résonner dans le corps des acteurs, dans la tête des spectateurs et c'est ce jeu d'interprétations complètement ouvert qui fait la chose théâtrale. C'est l'intérêt du vertige théâtral ! Chaque soir on peut être surpris et être amené à formuler diverses interprétations… » 

Cie Tabula Rasa


Entretien avec Johannes KLETT, metteur en scène, créateur du spectacle « LENZ. Jour et nuit sur la cathédrale de Strasbourg »

Vidéo réalisée par Alexander Bugel, Sébastien Lange et Heinz Cadera.

Après l'entretien avec le metteur en scène Sébastien Bournac, est mise en ligne la vidéo d'un entretien exceptionnel réalisé à Stuttgart par Heinz Cadera, Alexander Bugel et Sébastien Lange avec Johannes KLETT, qui témoigne, près de quarante ans après, de l'étonnante expérience que fut sa mise en scène d'un spectacle sur le toit de la cathédrale de Strasbourg, où il est question de l'histoire tragique du poète et dramaturge Jacob Lenz, resté dans l'ombre de son maître Goethe, et qui durant l'hiver 1778 s'exila dans les Vosges.

Mémorable reste, en effet, cette création et mise en scène par Johannes KLETT, avec, pour la dramaturgie, Brigitte Landes, Dominique Muller et Roland Recht, d'après des textes de R. M. Lenz, Georg Büchner, Robert Walser, Goethe, et sur une musique de Wolfgang Rihm, du spectacle "LENZ. Jour et nuit sur la cathédrale de Strasbourg". Les représentations eurent lieu du 12 mai au 30 juin 1980.

Johannes Klett a également mis en scène avec Grüber à la Salpétrière, en 1975, le Faust I et II de Goethe, ainsi que, au Staatstheater de Stuttgart, Hypérionde Hölderlin.

Alexander Bugel est chef machiniste, chef électricien, chef opérateur et réalisateur.
Sébastien Lange est comédien, dramaturge, metteur en scène et fondateur de la compagnie Stunt.
Heinz Cadera est cameraman à France 3.