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CAPA Centre d’Accueil Psychanalytique pour Adolescents et jeunes Adultes
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Version française de la revue de l’IF-EPCL qui paraît en quatre langues.
Les textes que l’on va lire ici sont ceux qui ont été prononcés et discutés à Buenos Aires les 16 et 17 juillet 2004 lors de la première rencontre internationale de l’EPFCL, École de psychanalyse des Forums du Champ lacanien. Ils font suite et complémentent ceux qui figurent dans le numéro 4 d’Hétérité, revue de l’Internationale des Forums - École de psychanalyse du Champ lacanien, IF-EPCL et portent sur le même sujet : La psychanalyse et ses interprétations (direction de la cure, diagnostics, interprétations de l’analyse finie).
Le choix du sujet et son intérêt ne sont pas anodins. Qu’est- ce qui caractérise en effet le plus spécifiquement l’acte d’un analyste sinon celui de l’interprétation dont le sens, vieux comme le monde, a été remis en question par la découverte de l’inconscient par Freud. Mais bien plus encore qu’un renouvellement, un changement, une actualisation de son sens, l’interprétation, outil plutôt que concept d’une pratique savamment et prestement ordonnée par Freud, est devenue la clé d’une nouvelle discursivité dans le champ scientifique de ce tournant du XXe siècle qui a été subverti par la découverte freudienne du rôle de la sexualité dans la pensée humaine.
On sait le succès de ce scandale mais aussi le risque de méprise du facteur sexuel comme pensée unique de ce nouveau discours. Cependant, avec la même ténacité que Freud, Lacan s’est appliqué à empêcher cette dérive en inventant, dans ses pas, ces mots étranges qui ont marqué de son style la nouveauté du discours psychanalytique : l’inconscient - le parlêtre, la pulsion - l’objet petit a. Cela implique-t-il alors aussi du nouveau dans la pratique interprétative de ces nouveaux shamans du XXIe siècle que sont les psychanalystes ? La question n’est pas sans ambiguïté car s’il ne s’agit pas tant de savoir comment le psychanalyste interprète, du moins faut-il d’abord savoir ce que la psychanalyse interprète mais aussi quelle interprétation les psychanalystes eux-mêmes ont de la psychanalyse ("penser la psychanalyse, disait Lacan, sans être voué à la manquer").
C’est justement ce qui a été étudié lors de ce rendez-vous international de psychanalystes venus de langues et d’horizons divers et lointains, mais tous tenus par la rigueur de leur référence au Champ lacanien, champ des jouissances sur lesquelles - c’est bien là le fin mot de la question lacanienne relayant les premières interrogations de Freud - l’interprétation a, réellement : quel impact ?
Pour tenter d’y répondre, c’est bien sûr l’expérience analytique elle-même et la clinique psychanalytique qui constituent le tissu concret d’où se posent ces questions pratiques mais aussi épistémiques. Car ces questions résonnent au-delà de la cure elle-même, dans le champ social et dans le rôle du psychanalyste dans la Cité, - dans le discours qu’il supporte. Le discours psychanalytique est en effet le centre de gravité de ces problématiques qui se déploient, on le verra à la lecture des textes ici présentés et appuyés de données cliniques, entre ce qui, du point de vue de l’interprétation, se produit entre le début d’une cure et son résultat.
Loin des tendances réductrices du monde moderne à chercher ce qui fait sens dans les illusions idéalisantes de la mesure, la question de l’interprétation, en psychanalyse, se présente comme le nerf de la guerre contre l’"évaluation" : un travail qui ne peut pas se faire seul, mais qui se soutient de celui d’un ensemble, avec ses témoignages, ses recherches, ses questions sur la pérennité de la psychanalyse. C’est pour cela que l’Internationale des Forums du Champ lacanien a créé son École qui se réunira à nouveau à Paris en juillet 2006.
Sommaire
Éditorial
par Jacques Adam
L’INTERPRETATION
Silvia Migdalek : Moments de conclusion
Gladys Mattalia : Secrétaire, témoin...modes de destitution subjective
Florencia Farias : Ce qui reste de l’interprétation à la fin
Anita Izcovich : L’interprétation à côté
Roser Casalprim, Carmen Lafuente, Margarita Santiso, Nuria Rivera : Utilisation de l’interprétation chez Jacques Lacan
LES COMMENCEMENTS
Maria de los Angeles Gômez : De la déviation (Abwege) au détour (Umwege) : les premières élaborations freudiennes sur l’interprétation
Jacques Adam : Questions préliminaires à toute direction possible de la cure
Enrique Katz : Débuts d’analyse : sujet-supposé-savoir et transfert
LA DIRECTION DE LA CURE
Diego Mautino : L’a-cause analytique, encore
Patrick Barillot : Ce que je peux en dire
Luis Fernando Palacio et Gloria Patricia Pelaez : Les résistances du symptôme
L’ANALYSE TERMINEE
Michel Bousseyroux : Le trou qui est la clé
Sol Aparicio : Au sujet de la destitution
Mayte Roqueta : Que dit Lacan du roc de la castration ?
Colette Soler : Les invariants de l’analyse finie
Bernard Nominé : La Passe et l’analyse finie
LES RESULTATS
Marc Strauss : Le désir du psychanalyste après la traversée du fantasme
Guy Clastres : Lidentification au symptôme
Leonardo S. Rodriguez : L’interprétation psychanalytique et la pragmatique du langage
LES DISCOURS
Sonia Alberti : Œdipe en ville
Fulvio Marone et Franco Scalzone : "Heads I win, tails you lose". Anciens et nouveaux sophismes du dialogue entre science et psychanalyse
Jorge Zanghinelli : le dire soustractif de l’interprétation

