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La juste place des affects dans la psychanalyse, de Freud à Lacan

8, 9, et 10 avril 2011


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CLINICAL FORMATIONS OF THE LACANIAN FIELD

CLINICAL FORMATIONS OF THE LACANIAN FIELD



FOURTH ENGLISH SPEAKING SEMINAR

Friday, Saturday, Sunday, APRIL 8, 9, 10, 2011, WASHINGTON, D.C.

Organized by

The Paris Research Group for Clinical Formations in the Lacanian Field

and the Washington Forum, Psychoanalytical School of the Lacanian Field



THE PROPER PLACE OF AFFECTS IN PSYCHOANALYSIS : FROM FREUD TO LACAN

With Seminar XVII The Other Side of Psychoanalysis (L'envers de la psychanalyse) as main reference


For Freud, and for those who still wish to be Freudian, the unconscious-object of psychoanalysis-must be deciphered. But whatever is decipherable can only be a language. Whence Lacan's formula: the unconscious is structured like a language. Whence also the question regarding the place of affects in psychoanalytic technique, a question that is not new.

Lacan has been accused of neglecting the subject's affects, favoring instead language and the signifier. This is a completely unwarranted accusation which disregards the fact that, in France in the 1950's, it was Lacan who took the initiative in launching a debate about the role, in the psychoanalytic cure, of the specific affect of frustration in the transference. His 1958 text, “The Direction of the Treatment and the Principles of Its Power” marks the moment.

But this already was a remake! In Freud's time, passions swirled round the contributions of Sandor Ferenczi, challenging the master on how to handle the analysand's frustration, with its power to trip up the analyst. It was a violent but crucial debate. To summarize: whereas for Ferenczi, simple humanity would require finding a way to ameliorate this frustration, Freud responded that this was not a problem of the heart. Frustration is inevitable, an effect of the very mechanism of the treatment and, moreover, necessary to its progress.

When Lacan reactivated the debate, he formulated the question in terms of “gratification” of the analysand's demand. The question was the same. He entered into the debate in order to return to the Freudian response and specified it thus: to answer the demand is, of necessity, to disappoint, because it is something impossible to satisfy-unconscious desire...is to be interpreted.

Today, the debate appears dead, but this does not mean it has been resolved. It is as if the various positions have been adopted along institutional or geographical lines. To reanimate this debate-and expand it-is the goal of this Seminar. The question at hand concerns not only the technical handling of affect in the cure, but also its real function for the parlêtres (speaking beings) who ask for analysis. On this point, Lacan went forward alone. Anyone who wishes to read will find that, after his spectacular entrance into the polemic in the 1950's, Lacan , far from neglecting affects, went from affects that deceive-a Freudian thesis-to the affect of anguish, “the only affect that does not deceive,” to which he devoted an entire Seminar (Seminar X). Finally and more generally, he dealt with affects that reveal.1 An outrageous thesis for a supposedly structuralist thinker and moreover, something unknown in the Freudian text.

While certainly not linear, the trajectory reached its high point starting from Encore. There are consequences for practice, and even a remodeling of Freud's perspective on the end of analysis. In effect, what gets clarified are the limits of what the structure of language can reach of the real, outside the symbolic.

But far from these limits leading to some final stumbling block, as Freud believed, they can condition an end of analysis marked by a satisfaction that is unprecedented and proper to the analyzed subject.


Colette Soler

July 17, 2010



FORMATIONS CLINIQUES DU CHAMP LACANIEN



QUATRIÈME ENGLISH-SPEAKING SEMINAR

Vendredi, samedi, dimanche, 8, 9, et 10 avril 2011, In Washington, D C



Organisé par Le groupe parisien des Formations cliniques du Champ lacanien

Et par le Forum Washington de l'Ecole de Psychanalyse des Forums du Champ lacanien



LA JUSTE PLACE DES AFFECTS DANS LA PSYCHANALYSE, DE FREUD A LACAN



Séminaire de référence L'envers de la psychanalyse



Pour Freud et pour qui se veut encore freudien, l'inconscient, objet de la psychanalyse, se déchiffre. Or, ce qui se déchiffre ne peut être qu'un langage. D'où la formule de Lacan « L'inconscient, structuré comme un langage ». D'où aussi une question sur la place des affects dans la technique analytique.

La question n'est pas d'aujourd'hui. Un procès a été fait à Lacan, celui de négliger les affects du sujet au profit du langage et du signifiant. Bien mauvais procès, en fait, et qui fait oublier qu'en France, c'est Lacan qui a pris l'initiative, et qui a lancé la polémique dans les années cinquante, notamment au sujet du sort à réserver dans la direction de la cure à cet affect spécifique qu'est la frustration de transfert. Son texte, « La direction de la cure et les principe de son pouvoir » en marque la date.

Mais ce n'était qu'un remake ! Déjà du temps de Freud la discussion avait fait rage autour des contributions de Sandor Ferenczi interpellant le maître sur le traitement de cette frustration analysante sous la sommation de laquelle l'analyste tombe. Ce fut un débat violent, mais crucial. En résumé, là où pour Ferenczi la simple humanité voudrait que l'on trouve à tempérer cette frustration, Freud répond qu'il ne s'agit pas d'un problème de cœur, mais que cette frustration est un élément inévitable, un effet du dispositif même de la cure, et qui, en outre, est nécessaire à son avancée. Quand Lacan relance la question, elle se formule en termes de « gratification » de la demande analysante. C'était le même débat. Lacan y entre en polémiste pour faire retour à la réponse freudienne, formulant qu'y répondre c'est forcément la décevoir, car la satisfaire est un impossible ... pour cause de désir inconscient - à interpréter.

Aujourd'hui, le débat semble éteint mais sans être tranché. Tout se passe comme si les diverses positions s'étaient réparties selon les associations et la géographie. Le ranimer est l'ambition de ce Séminaire, et aussi de l'élargir. La question, en effet, n'est pas seulement du traitement technique de l'affect dans la cure, elle est de sa fonction réelle pour les « parlêtres » qui s'adressent à la psychanalyse. Sur ce point Lacan s'est avancé seul.

Après son entrée fracassante dans la dispute des années cinquante, qui aurait voulu lire la suite, aurait vu que loin de négliger les affects, Lacan est passé des affects qui trompent, thèse freudienne, à l'affect d'angoisse, le seul qui « ne trompe pas », auquel il a consacré toute une année de Séminaire, et finalement, plus généralement, à des affects qui... révèlent2. Thèse inouïe pour un supposé structuraliste, et en outre inconnue du texte freudien. Ce cheminement ne va certes pas en ligne droite, mais il culmine à partir de Encore. Il a des conséquences pratiques et il n'est pas sans renouveler la perspective prise par Freud sur l'analyse finie. Il débouche en effet sur une mise en lumière des limites de ce qui peut s'atteindre par la structure de langage du réel hors symbolique. Mais loin que ces limites conduisent à une buttée finale, comme Freud l'a cru, elles peuvent conditionner une fin d'analyse marquée par une satisfaction inédite, propre au sujet analysé.



Colette Soler, 17 juillet 2010



1 On this point see C. Soler, Lacan, L'inconscient réinventé, PUF: Paris 2009.

2 Voir sur ce point, Soler C. Lacan, l'inconscient réinventé, PUF, Paris 2009.